Chroniques

Ivre, je suis allé voir une triangulaire de U19 féminines

03h00, samedi soir. Seul devant mon ordi, je viens d’épuiser mes derniers sopalins sur le but de Geoffrey Dernis. Lucas Deaux a provoqué la défaite du FCN.  Mon week-end est minable. J’ai passé ma journée à geeker sur Fifa et à boire. J’ai également regardé Canal et mon équipe préféré Arsenal comme tout bon gamin ayant fait sa culture football devant Telefoot. J’ai souvent pensé à l’euthanasie en écoutant Stéphane Guy. Suis-je le seul ? Rassurez-moi un peu. Je traîne un peu sur la page Facebook de ma jeune sœur. Néanmoins, elle a des copines sympas. Elle a 17 ans aujourd’hui également. Elle devient grande. Elle joue au football dans un grand club parisien. Malheureusement, pour moi, elle ne fait pas partie du Lobby lesbien. Je dois donc surveiller chaque jour messagerie, lettres anonymes pour éviter que n’importe quel jeune homme puisse procréer tranquillement. En fait, elle a un match demain. Une de ses copines me plait bien, je lui dirais bien quelques mots. Je prends une décision : je vais aller voir un match de U19 féminines.

Emile Heskey au féminin

45 minutes de trajet, NRJ à fond, je pense changer de famille rapidement! Le camp des loges est toujours aussi beau. Il est en travaux en ce moment. Comment je le sais ? Du sable, de la terre, des barrières de partout et surtout plein de portugais autour du stade, simple comme bonjour. Va falloir se le dire, le football féminin c’est sympathique mais c’est la cour des miracles. Nous avons : une demoiselle aussi plate qu’une planche de pain, le sosie noir de Desirless, une fille au duvet prépondérant, une meuf jolie, Emile Heskey féminine. Je ne peux pas m’empêcher de lâcher un petit rire gêné. J’essaye de ne pas être méchant mais la tentation est bien trop grande L’entraîneur arrive. Tête baissée, barbe de 3 jours, lâche, il a autant de charisme que le nain Messi, c’est dire ! Le club aura 2 équipes : les U19 et la DH. Le niveau technique est indigne ! Honteux.

Je ne vous ai pas parlé de l’autre équipe. Un club qui vient du Loiret, pas réputé pour leur football. Les filles ont entre 17 et 40 ans. Aucune milf, que des boudins, grosse arnaque ! Leur maillot jaune Duarig n’est pas à mon goût. Que font les équipementiers ? J’aperçois la gardienne de loin. En la voyant, je cherche directement le numéro de Merano. Une petite cure ne serait pas de trop. Le premier match est annoncé. Les U19 contre la DH du même club. Les équipes rentrent sur le terrain. Les coachs ne se regardent pas, ne se saluent pas. Ambiance. Le match commence. Certaines filles savent faire des passes. Je ne sais pas encore si je suis ivre. Le ballon est au milieu de terrain, une DH arrive et tacle les deux pieds en avant. Je me marre. Elle lâche un « sal*** » que tout le monde entend. J’applaudis, elle me fait un clin d’œil. Les spectateurs me regardent méchamment. Ah les valeurs du football féminin !

Au final, les U19 l’emportent 3-0 sans que la gardienne adversaire fasse une erreur de main ! Je ne veux pas vous cacher que le niveau ne dépasse pas le PH. Le Football, le vrai. Pendant ce temps-là sur Twitter, les fans inconditionnels de football féminin inondent les pages d’images de leur star, des montages comme à l’époque des blogs Skyrock. Les valeurs se perdent !

« J’ai tenté de lancer une holà, en vain »

Je suis déçu. Pause de 15 minutes et prochain match : DH contre l’équipe du Loiret. Je ne résume même pas le match. Le club que j’apprécie se fait humilier par les grognasses de la province. VEDETTES SURPAYEES !

Le dernier match de la journée oppose les U19 aux campagnardes. Les filles gagnent 2-0 tranquille. Je lâche quelques insultes comme tout bon footix amoureux de football masculin. Le jeu n’est pas mauvais. Les filles essayent de poser le ballon, de jouer en passes. Parfois, elles ne sont pas contentes et se tirent les cheveux dans la surface ! Les méchantes ! Il y a même une n°10 qui tente une roulette. Je tente bien de lancer une holà, personne me suit. En plus d’être sans ami sur les internets, je suis également plongé dans une solitude extrême au stade. Le seul hic reste bien la vitesse d’exécution, aussi lent qu’un album de Vincent Delerm. Je veux bien faire des efforts, mais la chaleur n’excuse pas tout. Je suis trop fier de moi. Un homme au bord du terrain m’offre une peluche de lynx. Il ressemble à l’autre mec bizarre, Robin Lepoux ou je ne sais quoi.  Il m’explique que le football féminin c’est vraiment super sans tous ses méchants supporters du football masculin. Ce n’est pax faux, aucun chant, aucun encouragement. Je m me suis cru à un enterrement. Coquin comme je suis, j’essaye de rentrer dans les vestiaires. Je suis jeté comme un malpropre, journée de merde. Au final, j’aurais réussi à supporter plus d’1h de football féminin. Vous pensez qu’un jour, je serais le vainqueur du challenge Marinette Pichon ?

Ivre, j’ai réussi à suivre un match en entier mais sans choper un numéro. Pas grave, ce soir, il y a match, Pierre Menes, Dugarry et tout. La Ligain je t’ai fait cocu mais je t’aime toujours autant.

Tocard Nantais

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Tocard Nantais

Véritable tocard, le nantais parle de lui à la 3ème personne. Aussi bon que Delhommeau sur un terrain, il profite de ses connaissances pour écrire des conneries sur 90 minutes. Parfois absorbé par le jeu de Toulalan et les femmes qui jouent au foot, il vit la nuit souvent ivre. De mauvaise foi, il se croit tout permis et tellement au-dessus.

Le Tocard Nantais est un sombre con dont l'humour égale celui des stand-up parisiens. Mais il vous emmerde les hippies !