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Mourinho, sa b… et son couteau

D éfait pour la troisième fois en demi-finale de Champion’s League en trois participations, abandonné sur le bas-côté par le Barça en championnat, Mourinho quittera l’Espagne avec l’échec de ne pas avoir ramené la Décima chère aux socios et le sentiment de ne pas avoir triomphé comme à chacun des pays où il a coaché. ICI C’EST L’ESPAGNE. 

Un soir de printemps, 22h45. Jurgen Klopp triomphe sur le Santiago Bernabeu, le Mou fait la moue. Il quitte la compétition une fois de plus en demi-finale.

23 mai, 23h50. Mourinho quitte le Cornellà-El Prat de Barcelone tête baissée face à des milliers de supporters de l’Espanyol qui ne savent pas s’ils doivent exulter d’avoir tenu le Réal Madrid ou pleurer d’avoir offert le titre au rival du FCB. Sale temps. Un échec pour le Spécial One qui, en trois saisons, n’a réussi à ramener le graal Européen, pire, en ayant fait de la figuration tout au long de la saison en Liga laissant le titre au rival Catalan sans forcer.

Véritable idole au Portugal, légende en Angleterre et critiqué des journalistes et entraîneurs en Italie, Mourinho a fait jaser partout où il est passé mais toujours avec la satisfaction de pouvoir montrer son palmarès. Un palmarès pour le moins impressionnant puisqu’il a tout remporté. De la coupette au Portugal à la Champion’s, des douches de Stamford Bridge avec Lampard aux papouilles avec Materazzi, du chemin s’est tracé avec toujours cette même réussite.

En 2009, l’extravagant Florentino Perez reprend en main le Réal Madrid avec l’idée de vouloir reproduire les Galactiques 2.0. Kàka, Cristiano Ronaldo et Karim Benzema -entre autres- débarquent pour des sommes folles et l’intention de mettre fin à la disette en LdC comme en Liga, jusque-là trône de Guardiola. Guidés par le très bon Pellegrini, le Réal produit un jeu attractif mais ne parvient pas à mettre fin à l’hégémonie Catalane en Espagne (le titre se sera tout de même joué à la dernière journée) et s’échoue encore en huitième de finale de Ligue des Champions (face à l’OL) pour la sixième fois consécutive. Une humiliation également en huitième de Copa del Rey contre Alcorcon aura eu raison d’El ingeniero Manuel Pellegrini. Les socios sont prêts à taper du poing sur la table, il faut vite réagir du côté de la présidence. Á ce moment-là, Mourinho et son Inter Milan abattent le FC Barcelone au Camp Nou en demi-finale de Champion’s, un premier crève-coeur pour Christian Jean-Pierre mais bingo pour Perez… Ce sera lui. Quelques jours plus tard et une nouvelle ligne à son palmarès, c’est lui-même qui s’engagera au Real Madrid.

 

LA VALSE MOURINHO – GUARDIOLA

José Mourinho -qui est quand même classé deuxième sur Google, après mousse au chocolat…- arrive dans un territoire conquis. Conquis par le génie et l’aura de Josep Guardiola. Ce qui ne l’empêchera pas de démarrer sa saison en fanfare jusqu’à son premier Clasico à la tête du Real Madrid et la plus grosse branlée de sa carrière d’entraîneur. 5-0. Spécial Five. Il perdra face à ce même Barcelone en demi-finale de Champion’s League et assistera devant sa télévision,  impuissant, à leur victoire 3-1 à Wembley face aux Red Devils. Il perdra également le championnat d’Espagne, toujours aux mains des Catalans mais se vengera d’un coup de boule à la 116e minute de Cristiano Ronaldo face à Pinto en finale de Coupe du Roi.

La saison suivante démarre à nouveau sur un Clasico en Supercoupe d’Espagne et le MouCínco perd à double reprise: le trophée et son sang froid. Devant l’impossibilité d’empêcher le Barça de remporter son énième titre, il profite d’une baston générale pour aller foutre son doigt de Portugais dans l’oeil de l’adjoint de Guardiola, Tito Vilanova. Hasard ou pas, quelques mois plus tard il chopera le cancer.

Après cette première défaite, le Réal Madrid met le paquet et s’impose d’entrée comme le candidat n°1 à la Liga. Il la contrôlera du début à la fin en y mettant un terme assez douloureusement pour les Catalans en l’emportant au Camp Nou, 1-2, le 21 avril 2012. Mourinho s’inclinera une nouvelle fois en demi-finale, cette fois-ci contre le Bayern Münich, tandis que le Barça se prenait un touché rectal assez bizarre par Chelsea et Didier Drogba au Camp Nou. Pas de Ligue des Champions, ni pour l’un, ni pour l’autre. Guardiola se contentera d’une maigre Copa del Rey face à Bilbao et décide par la même occasion de changer d’air pour prendre une année sabbatique. Pour Mourinho, c’est un aveu de faiblesse de quitter un club pour se reposer. On en aurait presque eu la larme à l’oeil si le Portugais n’avait pas été sans club pendant 10 mois après s’être fait dégager de Chelsea par Roman Abrahamovic.

Pour le plus grand plaisir du Spécial One, c’est Tito Vilanova qui reprend en main le projet Blaugrana. Pour leur premier affrontement officiel -en dehors d’un ring et des doigts fourrés- en Supercoupe d’Espagne, c’est cette fois-ci Mourinho qui prend l’ascendant en l’emportant au but à l’extérieur. Le début de la fin pour les Catalans qui n’arriveront plus à prendre le dessus sur le Real Madrid. Les oppositions directes donneront raison aux Madrilènes mais c’est tout de même Vilanova qui reprendra le championnat d’Espagne, aidé de son adjoint Jordi Roura. Côté Europe, les deux ogres Ibériques se sépareront une nouvelle fois en demi-finale. L’invasion des Allemands aura fait mal, Dortmund ayant battu les Madrilènes et Münich… c’est 11 Catalans qui entrent dans un bar et qui commandent 7 Coca Light… Vous connaissez la suite. Il ne reste que la Copa del Rey pour José Mourinho afin de ne pas terminer fanny cette saison, dans un derby qui s’annonce épique face à l’Atlético Madrid.

 

J’FAIS L’BILAN, CALMEMENT, CARVALHO POSÉ SUR L’MÊME BANC…

Avec un championnat d’Espagne, une Coupe du Roi (peut-être 2) et une Supercoupe d’Espagne, le résultat n’est pas médiocre mais loin d’être ce que Perez, le club et les supporteurs attendaient d’un entraîneur comme Mourinho. Pire encore, le Portugais a sali l’institution. Car oui, le Real Madrid représente une institution. Après ses multiples déboires, ses sorties tapageuses, la demande de licenciement de Jorge Valdano, de Zidane, de Butragueño, les mises à l’écart de joueurs tels que Sergio Ramos et Iker Casillas sans aucune raison, un vestiaire ligué contre son entraîneur, les broncas des supporteurs, des médias pro-Madrilènes qui se dédouanent, des polémiques inutiles…  Aujourd’hui plus proche que jamais d’un retour à Chelsea, José Mourinho aura prouvé à tous le monde qu’il fait partie des meilleurs entraîneurs au monde, doté d’un sens tactique hors du commun. Et qu’importe le sort que lui réserve la finale de Copa face aux banlieusards Madrilènes, ici, il ne restera qu’un traducteur.

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Tedd

Adepte du football Espagnol et de ses clichés, je justifie mon statut comme Marion Aydalot ou Pierre Menes. Anciennement FootEspagnol, ProgrammeFootball et service sécurité salle de 3e âge aux concerts de Magalie Vaé. En couple avec Laure Boulleau.