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En Espagne, la crise frappe également les Clubs en Liga

Mercredi 29 Mai 2013, Iago Aspas va s’engager avec Liverpool pour la saison prochaine. Dernier d’une -trop- longue liste d’Espagnols émigrant vers l’Angleterre.

Le Celta Vigo n’est pas encore maintenu en Liga BBVA que les dirigeants ont bouclés le transfert de leur joueur vedette pour seulement neuf millions d’euros. Une offrande faite aux Anglais de la part des Galiciens au vue du talent du jeune joueur multi-tâche. Buteur mais néanmoins créateur, cerveau et provocateur -aussi bien dans le jeu que dans la filsdeputerie- Iago Aspas, 25 ans, est le benjamin d’une famille de footballeurs qui font face à la crise et à la concurrence acharnée en championnat dont ils ne pourront caresser que l’espoir d’un jour y goûter. Ailleurs.

 

Supporters et joueurs mettent la main à la patte pour sauver leur club…

Il n’y a plus une thune en Espagne. Beaucoup de clubs sont dans l’incapacités de payer leurs joueurs, les sponsors plient bagages les uns après les autres et les investisseurs se font rare. Dernièrement c’est le Depor qui s’est déclaré en cessation de paiement. Une situation qui avait été anticipé par le club en novembre dernier s’enregistrant en pré-cessation afin de pouvoir négocier avec les créanciers. Malheureusement trop fortement endetté, le Trésor Public Espagnol a préféré stopper les frais. Plusieurs études ont été réalisés de l’autre côté des Pyrénées, l’état financier des clubs est désastreux : ils totalisent environ six milliards d’euros, dont la moitié par les clubs de première division. Selon José Maria Gay, professeur d’économie en université à Barcelone, une dizaine de clubs pourraient connaître la faillite. C’est en tout cas le chemin que prend le Deportivo la Corogne, mais également le Real Oviedo, club de 3e division, connu à travers toute la toile pour les campagnes de mobilisation menées à travers le monde entier afin de sauver ce club qui a longtemps côtoyé l’élite et qui a vu naître plusieurs grands joueurs comme Juan Mata, Santi Cazorla ou encore Michu.

Economiquement instable depuis une décennie, Oviedo s’est vu imposé un remboursement à hauteur de 1,9 millions d’euros qu’ils devaient payer d’ici fin 2012. Un monde. C’est alors que les fameux Mata, Cazorla et Michu ont décidés de se serrer les coudes et d’aider le club à remonter la pente. Mais pas que. Raùl a également mit la main à la poche et a offert 1000€ en guise de soutien. Le Réal Madrid a donné 100 000€ et plusieurs joueurs Mexicains se sont greffés à l’élan de solidarité, dont Mémo Ochoa, du fait d’une forte communauté Asturienne résidant là-bas. Dans la foulée, Oviedo a mit en vente des parts à 11€ pour que les supporteurs puissent aider aussi et ainsi faire partie du club. Comme un symbole, c’est les supporters qui sauveraient leur propre équipe. Et ce serait mérité, tant en cette période de vache maigre les aficionados ont su se montrer présent pour Oviedo, allant jusqu’à déblayer la neige dans le stade gratuitement, en payant les factures d’électricité… un soutien et une sincérité touchante, même paradoxale, à l’heure où le pays est en train de plonger dans la crise les deux pieds en avant. C’est finalement Carlos Slim, le multimilliardaire Mexicain, qui reprend l’affaire et qui essaiera tant bien que mal de maintenir le club à flot.

 

Désormais Tolérance Zéro pour les mauvais payeurs

Durant de nombreuses années les autorités ont tolérés ces écarts financiers compte tenu de la place que prend le football dans ce pays et au vue des résultats sportifs disons-le brillants. Mais la donne est en train de changer. L’Etat ne peut plus restreindre les écoles et les hôpitaux et décide de dire stop. Le football doit également se mettre au diapason et rembourser. L’Allemagne s’est même emparé de l’affaire, non content de payer une partie de la dette des Espagnols pour qu’ils puissent ensuite continuer à recruter à tour de bras.

On peut comparer ça à la révolution française.

Toujours selon José Maria Gay, la répartition des droits TV est au coeur du problème. La non-équité qui oppose le Barça et le Réal aux autres équipes handicapent sérieusement ces dernières. L’Espanyol Barcelone a du vendre les parts de ses joueurs à un fond de pension pour éviter la faillite. Del Nido (président FC Séville) mène également une lutte acharnée contre ce système et ne cesse de crier à l’injustice même s’il ne rechigne jamais à vendre un de ses poulains au Barça ou au Réal plutôt qu’à un club étranger tant qu’il a moyen de tirer quelques millions de plus quitte à les renforcer. Pour lui, cette histoire de droits TV est un «soulèvement des petits. On peut comparer ça à la révolution française. Et regardez ce qui est arrivé, au final, au roi de France (…) Nous n’allons pas faire machine arrière, nous pouvons pas laisser cette situation se poursuivre : deux clubs, parce qu’ils sont très puissants, sont en train de causer la perte de la Liga.» Pour Miguel Guillén, président du Bétis Séville, «les discussions pour 2014 auront lieu en temps et en heure, mais ce qui est sûr, c’est que quand les clubs s’installeront à la table des négociations, nous espérons que la règle des 50% de l’argent qui va au Real et au Barça, disparaîtra.»

L’argent est le maux Espagnol mais n’est malheureusement pas le seul problème. Malgré eux, le FC Barcelone et le Réal Madrid causent du tort à ce championnat, même si cette saison l’Atlético a fortement tenu tête au rival Merengue. Aucun autre club ne peut se déclarer dans la course au titre, il est difficile pour des équipes comme Malaga, le Bétis ou encore Valence de briller. Et c’est pas faute de réaliser de bons parcours. L’Atlético Madrid pourrait être crédible dans n’importe quel autre championnat majeur. Mais voilà voilà.

 

Quel avenir pour les autres joueurs ?

N’en déplaise à certains qui croient dur comme fer à une équitation simple comme Liga = Barça + Réal = bipolarité, ce championnat reste un des meilleurs, si ce n’est LE meilleur. Les deux mal-aimés des clubs adverses pourraient achever la concurrence dans n’importe quel autre championnat. Il est impossible de dissocier des équipes comme Malaga de ce championnat Ibérique. Ni le Bétis Séville du tacticien Pepe Mel et du meneur Beñat. Le Valence de Simeone, la Real de Montanier etc.

On en vient donc à des joueurs de la trempe des Isco, Beñat, Griezmann, Muniain, Falcao, Adrian, Iago Aspas, Soldado, Piti et bien d’autres. Ces joueurs-là ont tous une particularité commune : celle de pouvoir jouer dans énormément de grands clubs. Ils pourraient rester en Espagne et jouer le titre. Mais signer où, donc? C’est un travail à la chaîne perpétuel pour les clubs. Les joueurs se révèlent, par chance décident de poursuivre l’aventure une saison ou deux de plus puis ensuite quitte le pays. Le président reçoit son chèque, les plus veinards débarquent au Camp Nou ou au Bernabeù. Derrière, les clubs se doivent de former ou de repérer à nouveaux de potentiels joueurs qui, ensuite, réitéreront le circuit.

C’est le cas de beaucoup auparavant. Le dernier en date n’est autre que Michu, transféré du Rayo Vallecano à Swansea pour la somme dérisoire de 2,5 millions d’euros. Une aubaine que n’a pas laissé filé Laudrup, l’entraîneur Gallois, au contraire de Tottenham, Aston Villa, West Ham, Fulham, Stoke City et Browmich qui avaient tous refusés de le signer l’été dernier. Vallecano, dans l’obligation de vendre, s’est donc résolu à le laisser partir en Angleterre. Michu n’a pas mit bien longtemps avant de faire l’unanimité chez les Rosbifs et, à l’inverse de notre Michou national, lui c’est bien dans les filets qu’il a envoyé. Et il n’a pas fait semblant.

La nouvelle dimension de Michu en Angleterre sert de vitrine pour promouvoir la réussite et le style de jeu « made in » Liga. Comme l’ont été Agüero, David Silva, Juan Mata, Santi Cazorla, bientôt Iago Aspas mais aussi Fernando Torres lorsqu’il fût jadis. On vous parle d’un temps….

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Tedd

Adepte du football Espagnol et de ses clichés, je justifie mon statut comme Marion Aydalot ou Pierre Menes. Anciennement FootEspagnol, ProgrammeFootball et service sécurité salle de 3e âge aux concerts de Magalie Vaé. En couple avec Laure Boulleau.

  • waynedt12

    Le championnat espagnol est donc le meilleur du monde ? Mouais, c’est un peu léger ^pour un championnat qui n’a que deux équipes qui tiennent la route plus de deux saisons d’affilées.