Chroniques

L’amour balle au pied

Le football se joue à 11 mais il se fantasme seul. Dans les travées du stade de la passion, nous ne sommes rien de plus que les spectateurs béats d’une légère désillusion à laquelle il faudra forcément se remettre. Pour cette première je vois immédiatement Laurent Blanc devant des micros, devant des regards, ces regards qui interrogent, sarcastiques pour les uns, désolés pour les autres, vides pour beaucoup. Qui sont ces journalistes venus recueillir des avis après d’amères défaites presque présidentielles ? Des êtres sans humanité ?

Car il faut être bien rude (voir rustre) pour oser pêcher de sordides confessions en direct à la télévision. Mais qu’importe, je ne fais que passer, sorte de fantôme-supporter du PSG qui se rêve romancier. Je suis venu à vous, déniché par un aimable rédacteur en chef (il parle de 90minutes, ndlr), pour distiller le parfum des lettres sur des terrains verts. Irai-je jusqu’à copier Antoine Blondin, un génie précocement disparu qui maintenait et défendait l’intelligence du débat sportif dans des cafés éponymes, le dimanche après-midi, loin des yeux accusateurs de ces dulcinées qui n’y comprennent rien. C’est auprès du joli site web « 90 minutes » que je pérore et pérorerai jusqu’à ce que mort s’ensuive (à part si ils refusent mon papier du coup je serai bien emmerdé).

J’ai toujours désiré, chéri, caressé le football. Je me souviens de ces nuits solitaires où, peu avant de voir surgir de libidineux long-métrages censés éveiller mon esprit d’esthète érotomane, je concentrais mes yeux sur cette fameuse grande soirée, étoilée, de la Ligue des Champions, soirées où l’on convoque des rois et des soldats sur le fronton des palais d’une certaine gloire sportive. Le football est une noblesse, un territoire, un royaume : il sert à anoblir les vrais conquérants et à traîner dans la boue les quelques vilains, imposteurs balle au pied, ce que la rédaction de 90 minutes, serviteur royal de son altesse le Ballon Rond, sait nommer avec un talent louable. 90 minutes et quelques autres médias qui n’oublient pas le style, l’élégance, un certain sens du style, l’amour de l’héroïsme et des remontées balle au pied, celles de Gareth Bale nous rappelant que des petites provinces du Pays de Galle à un club de légende il n’y a qu’un pas.

Pour vous, je reviendrai sur le Paris Saint-Germain et la ville qui l’abrite, de Daniel Hechter à Colony Capital, de Pastore à Pauleta, du fric à la Ligue 2, de Denisot au Journal du Hard, déviant parfois (souvent) sur le football en général, espérant devenir auprès de vous un Daniel Riolo sans ce ton de hyène qui n’y connaît que dalle et qui y va de son commentaire aigre et jaloux, propre à nous faire rendre très désirable Nadine Morano… auprès de cette rédaction où j’aurai le week-end, cette liberté désormais printanière, pour élire avec une agaçante subjectivité celles et ceux méritant nos louanges romantiques dans ce sport antique.

Previous post

CSC, mon amour

Next post

Le 90minutes Football Club débriefe la 33ème journée de L1

The Author

avatar

Socrates

Trop mélancolique pour faire rire, j'oscille entre lyrisme et sarcasme. Autoproclamé "Javier Pastore littéraire", je suis l'idole des vieux. Le RC Lens en Ligue des champions suscite encore chez moi une certaine nostalgie. Je trouve un peu de réconfort, maintenant, dans les luttes européennes de mes chers parisiens.