Chroniques

Caen, un échappatoire à l’ascenseur ?

Caen. Ce n’est pas une question que je vous pose, c’est juste le nom d’un bled qui phonétiquement ressemble à Cannes alors qu’en fait, rien à voir. Outre le fait d’être la capitale de la Basse-Normandie, chose dont on se fout tous éperdument, Caen a aussi son club de foot, le Stade Malherbe de Caen. Alors, on s’est tous déjà posé un jour cette question : « mais c’est quoi ça Malherbe ? ». Et bah ça vient d’un poète, François de Malherbe, qui a donné son nom à un lycée d’où était originaire le club. On avait les Pink Floyd de Kiev pour René Girard, on a maintenant le Stade Malherbe de Caen. On reste dans l’art quoi. C’est original ça, un nom qui vient d’un poète. Surtout quand pendant des années on a été dirigé par Franck Dumas, un bonhomme rondouillard adepte de langage fleuri façon poissonnier du coin. Le genre de mec à vouloir poser ses couilles sur le terrain et tout le toutim.

Le nom d’un poète, du coup, ça fait rêver. Ça nous ferait presque penser à un club comme le Barça, avec qui Caen partage au moins les couleurs. Oui bon, parce que pour le reste, y’a pas vraiment photo hein… Sinon, Stade Malherbe est abrégé en SM, ce qui avouons-le défini plutôt bien le supporter lambda de ce club normand. Oui car Caen est quand même un adepte du fameux ascenseur, le « un coup je suis en D1 » puis l’année d’après « hop, je suis de retour en D2 » et ainsi de suite pratiquement tous les ans. Donc être sado-maso est plutôt une définition adéquate pour les fans locaux. C’est le genre de club à qui il faudrait créer une division rien qu’à lui, entre la L1 et la L2. Une sorte de mini-championnat quoi, où on pourrait aussi faire figurer Metz, Ajaccio ou le Strasbourg de l’époque (et ouais, parce que les temps sont durs en Alsace en ce moment).

Le trou normand et l’adieu au drakkar

Un coup la montée, un coup la descente, ça colle plutôt bien au « pitête bein qu’oui pitête bein qu’non » normand ça. Dans le lot, Caen a pu empocher deux titres de champion de D2, ce qui en fait certainement le plus grand club du Calvados de tous les temps, à n’en pas douter. Ça, c’est déjà un exploit en soi. Et puis, à chaque saison au plus haut-niveau ils ont un passage à vide important, histoire de rendre un hommage appuyé au trou normand. Faut toujours garder son identité, mettre en avant ses valeurs. Par exemple, avant y’avait sur le logo de Malherbe un drakkar. Hommage aux normands, les vrais, qui sont venus de Scandinavie pour conquérir la France. Bon, le drakkar sert aussi à éviter au club de couler dans les abysses de la Ligue 2 et tenter de se sortir des méandres du ventre mou de Ligue 1. Autant faire d’une pierre deux coups quoi (ou d’une paire deux couilles en version plus masculine).

Puis après, sur le logo y’a eu un ballon. Comme pour rappeler qu’avant d’être un grand naufragé de la première division, Caen reste avant tout un club de foot, qui a comme projet de jouer au ballon pour s’en sortir. Bon bah là, dernièrement, ça a moyennement réussi quand même. Malgré Steve Savidan qui avait le cœur qui battait la chamade pour Malherbe. Malgré l’enfant du pays « Titi » Deroin et ses plus de 405 matches pour son club de toujours et malgré le fait que Nicolas Seube, c’est bien. Bon à force, les joueurs sont habitués à faire l’ascenseur, ils ont prévu les sacs à vomi et tout ça. Mais dès que Caen a un peu plus d’ambition paf ! (oui, Pierre-Alain Frau a joué à Caen), il se vautre lamentablement.

Xavier Gravelaine, ce héros

Du coup, Franck Dumas a retiré ses couilles du terrain et est allé voir ailleurs quand son adjoint Patrice Garande a repris le flambeau. Et qu’est-ce que ça va changer au juste ? Ils vont jouer toute une saison la montée et, s’ils décrochent un ticket pour la L1, lutteront pour pas descendre la saison d’après. Paye ta monotonie putain, ça donne un faux suspens comme dans ces mauvais films d’horreur où tu sais que la blondasse aux seins refaits sera la seule survivante. Malgré l’issue que tu savais certaine, tu as passé tout le film à croire à l’intrigue, à t’interroger genre y’aura un échappatoire quelque part et que ça se passera pas comme ça doit se passer normalement. Mais rien y fait, ça finit toujours pareil.

Bon, il a bien fallu qu’un extraterrestre comme Xavier Gravelaine permette à ce club de jouer la coupe d’Europe. M’enfin, personne ne s’en souvient à part quelques anciens. Bon c’est vrai, y’en a pas mal dans la région. Mais malgré tout, on éprouve de la sympathie pour ce club et, à la fin, on aimerait bien le voir se stabiliser un jour ou l’autre à ce foutu haut-niveau, histoire qu’il arrête une bonne fois pour toute de passer pour un con à imiter les lofteurs : « lofteur up and down ! tu-tu-tutuuu ! » (NDLR : 90minutes se dédouane des références de l’auteur de l’article, immédiatement mis en quarantaine). Mais bordel, enfin une éclaircie dans ce ciel chaotique. Bon, c’est vrai que pour voir du soleil à Caen, va falloir songer à déplacer la ville beaucoup plus au sud du coup. Ou alors, investir massivement dans les Hummer en Normandie histoire de s’assurer que le réchauffement climatique aura bien lieu. On n’est jamais trop prudent…

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Pitxitxi

Amoureux de Cristiano Lucarelli et de Fernando Llorente, j'aime le football qui raconte une histoire et donc les clubs improbables. En mot compte triple, tu peux défoncer tout le monde au Scrabble grâce à mon nom.