ChroniquesLigue 1

Marseille et Willy Sagnol : l’ordre ou le déclin

J’ai un peu fouillé dans le dressing de mon esprit pour, enfin, trouver LE sujet qui allait faire parler de ma prose tourmentée, le vêtement sur-mesure qui se porterait très bien sur le corps un peu malingre de mes idées. Je voulais parler de Marseille, où je me rendrai sans doute le 31 décembre avec des ami(E)s, pour y chanter les louanges de cette « cosmopolitanie » chère à Soprano, vanter l’élégance de cette French Connection complice de José Anigo, et essayer de dispenser quelques séances de psychologie à André-Pierre Gignac avant son face-à-face contre Bordeaux et lui enlever de la tête le traumatisme du McDo.

Bordeaux, donc, dont le Maire est aussi énergique qu’une conversation avec Valéry Giscard d’Estaing (même jeune), va rencontrer l’ogre marseillais. Qui va donc le remporter ? D’autant que ce duel (j’entends au loin le générique de Yugi-Oh) sera l’occasion de confronter deux équipes certes, mais aussi deux philosophies, deux modus vivendi, deux façons d’agir et de réagir. Et celui qui écrit ces lignes a, à l’heure où (trop tardive putain) il les couche sur le papier (à défaut d’autre chose PUTAIN) sa préférence naturelle. Et le lecteur va croire que je me vends de plus en plus aux sirènes du Vieux Port, ce Vieux Port dont j’entends le chant au loin et qui sait très bien caresser ma mélancolie, cet enfoiré.

Marseille devrait remporter ce duel et j’en exulterai secrètement de joie, afin de ne pas réveiller quelques supporters parisiens endormis par le somnifère mortifère du plan Leproux, dont je cherche encore la trace. J’en serais fier, donc, de cette victoire marseillaise, car c’est bien une philosophie de jeu qui aura triomphé sur une autre : celle du mélange, de la rigueur certes, mais une rigueur méditerranéenne portée par celui qu’on ne présente plus : el loco Bielsa dont la gestion d’une équipe à l’effectif bancal a eu raison de quelques gros calibres de ce championnat (Lyon et Paris exceptés). Sagnol aura eu, donc, à défaut d’une condamnation au tribunal pour incitation à la haine raciale (que je n’invoque pas dans ces lignes, sachant très bien que Sagnol dit une vérité connue de tous les centres de formation et que ces propos ont été très largement sortis de leur contexte), une défaite qui va quelque peu bouleverser son flegme énervant, typiquement bordelais, spécifiquement chiant.

J’attends ce choc avec impatience, et conseille à Sagnol de moins la ramener ou alors de lire quelques essais sociologiques avant de se prononcer sur des mouvements migratoires.

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Socrates

Trop mélancolique pour faire rire, j'oscille entre lyrisme et sarcasme. Autoproclamé "Javier Pastore littéraire", je suis l'idole des vieux. Le RC Lens en Ligue des champions suscite encore chez moi une certaine nostalgie. Je trouve un peu de réconfort, maintenant, dans les luttes européennes de mes chers parisiens.