Chroniques

Thierry Henry, l’enroulé d’adieu

Je me souviens avoir regardé, à matin de ma vie, les matchs de Thierry Henry avec l’intérêt du lecteur de romans que j’étais déjà. Car Thierry Henry n’est évidemment pas qu’un simple joueur de football, c’est Erik Satie ou Glenn Gould qui jouent du Piano, c’est Casanova qui écrit ses mémoires, c’est Francis Scott Fitzgerald l’incompris qui écrivait, une larme à l’oeil, « Tendre est la nuit » ou « Gatsby le Magnifique ». Thierry Henry est le Gatsby des terrains : luxueux, indépendant, fréquentant les ailes droite de la solitude pour envelopper son ballon d’une mélancolie savoureuse.

Je refuse de croire que Thierry Henry, alors, va quitter les terrains, dans une fermeture des rideaux que je vais amèrement regretter. Que deviendra le football dés lors ? Plus que jamais un marché des transferts permanent ? Où plus personne ne déploiera sur un club légendaire les scintillements d’un talent régulier ? Il n’y aura plus personne pour se souvenir de matchs épiques contre le Real Madrid, un soir d’Europe, ou contre Manchester United un soir de Premier League ? Il n’y aura plus aucune âme pour célébrer silencieusement et avec rage un but inscrit en toute fin de rencontre ?

C’est bel et bien une époque qui s’en va, comme une seule note de piano qu’on ne rejouera plus mais dont on se souviendra éternellement. Thierry Henry, figure étincelante et flamboyante (avec un certain Paul Gascoigne) dans légende imparfaites de ce sport adoré et vilipendé à la fois ne sera plus cet être brumeux dont tout le monde attend l’éclat qui va illuminer une coupe, un championnat, bref une saison. Didier Deschamps, en entraîneur avisé, a su trouver les mots justes pour administrer à Thierry Henry l’héroïne de bien-être qui fera reposer sa carrière à jamais : une sélection éventuelle en équipe de France. La plus belle revanche au monde.

Merci Titi, et chapeau l’artiste. J’arrête d’écrire car je suis ému (j’écoute le pianiste Erik Satie en draguant une meuf sur Facebook).

 

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Socrates

Trop mélancolique pour faire rire, j'oscille entre lyrisme et sarcasme. Autoproclamé "Javier Pastore littéraire", je suis l'idole des vieux. Le RC Lens en Ligue des champions suscite encore chez moi une certaine nostalgie. Je trouve un peu de réconfort, maintenant, dans les luttes européennes de mes chers parisiens.