ChroniquesLigue 1

Autant en emporte l’Evian

Alors que toute la France entière ou presque aimerait les voir disparaitre de la Ligue 1, les haut-savoyards de l’Evian Thonon Gaillard réalisent une saison des plus délicates, laissant libre cours aux rêves les plus fous. Mais d’abord, pourquoi tant de haine pour ce club ? Tentative d’explication…

Si l’on vous dit Evian, vous allez plutôt parler d’eau que de foot… Et bien vous avez tout à fait raison ! Car si le club haut-savoyard s’appelle ainsi, c’est parce que Danone a investi il y a quelques années dans ce club anciennement dénommé Croix de Savoie – un nom qui ne voulait pas dire grand-chose mais qui, au final, claquait pas mal – pour en faire l’Evian Thonon Gaillard. Vous avez bien lu, l’Evian avec un « l » apostrophe puisque cela nous vient en fait du nom de la flotte et non pas de la ville. En plus de faire du naming pour certains stades, on commence aussi à en faire pour les clubs maintenant. Faut dire qu’une marque de flotte, c’est la classe internationale ! Les américains ont le Red Bull New York, les autrichiens le Red Bull Salzbourg et nous… et nous, et bien nous avons l’Evian Thonon Gaillard. Et oui, vivement le Kronenbourg Strasbourg, le Ricard Marseille (pour lequel Vincent Labrune pourrait faire retirer le numéro 51) ou encore le Breizh Cola Perros-Guirec !

Donc, ce club abrégé l’Evian TG (rappel pour les geeks, «  TG » ne signifie pas « ta gueule » dans ce cas de figure) ou l’ETG est ainsi la fusion entre l’Olympique Croix de Savoie et l’Olympique Thonon Chablais. Attention, c’est du sérieux… Sachant déjà que Croix de Savoie était une fusion entre les clubs de Thonon et Ville-la-Grand, ça laisse imaginer l’ampleur du bordel. En gros, c’est un club avec aucune identité, ça bouffe à tous les râteliers mais ça ne doit pas vraiment fédérer grand monde. Quand en plus on apprend que le club joue ses matches « à domicile » à Annecy, c’est au mieux de la prestidigitation, au pire de la science-fiction…

L’Evian a trouvé sa voie

Tenez, vu que le club appartenait jusqu’à peu à Danone, on va tenter de leur trouver un sobriquet sympa à ces messieurs… Et pourquoi pas « Les Danette » ? C’est sympa comme nom ça les Danette, et puis ça sonne bien tiens ! Bon, Evian c’était aussi ce maillot rose dégueulasse avec les montagnes en fond. Putain, déjà que le nom du club est pas glamour pour un sou, mais alors se taper un maillot pareil… Figurez-vous que, il y a de cela quelques saisons, ils ont même poussé le vice jusqu’à sortir un troisième maillot, d’un côté rose fuchsia, de l’autre jaune… Ca donnait une Danette goût fraise-vanille du coup ! Et puis, on ne reviendra pas sur toutes ces pubs qui étaient incrustées un peu partout sur ce bout de tissu, à tel point qu’on ne distinguait même plus le blason du club. Ce sont des stickophiles à l’Evian TG ou quoi ?! Même mon voisin à la retraite qui a fait le tour du Monde il a moins d’autocollants sur son camping-car ! Vous savez, ces fameux fanions ou logos qui représentent les destinations où il a bien pu mettre les pieds…

Bref, ce club monté de toutes pièces a quand même eu des supers résultats, puisqu’il est passé de la CFA à la Ligue 1 en un rien de temps et a pu prendre de la bouteille rapidement (uhuh !). Il a même réussi l’exploit de produire un jeu intéressant avec Pablo Correa aux manettes. Je ne sais pas si, là tout de suite, vous vous rendez compte de la performance … Parce qu’à l’époque de Nancy, souvenez-vous de la tristesse de leur football… Comme dirait l’autre, le comble pour Pablo Correa serait de mourir d’une attaque… Ensuite, il fut venu le temps de Pascal Dupraz, le José Anigo haut-savoyard. Un gars fort en gueule, qui a tout connu dans son club de cœur : joueur, entraineur, mis au ban, directeur sportif pour se retrouver à nouveau entraineur. Un mec qui n’est peut-être pas le plus grand tacticien du monde mais qui sait se montrer paternaliste avec ses joueurs et transmettre ses messages… A sa façon.

Des danois chez Danone

Dans l’ancien club des vendeurs de yaourts, puisqu’ils ne sont pas trop bêtes, ils ont trouvé leur filière préférentielle de recrutement : les danois. Et un petit danois par-ci, et un petit danois par-là, les mecs ne voulaient plus s’arrêter et en ont recruté à tour de bras. Et vu qu’au niveau météo, c’est sensiblement la même chose (de la neige du 1er septembre au 31 août), les mecs s’adaptent facilement. Tenez, pendant un moment ils avaient un Poulsen, ils en voulaient même un deuxième. Et avec deux Poulsen, vous pouvez être sûrs de faire de bons œufs. Et Danone, ils ne vendaient pas des œufs par hasard ? Peut-être, qui sait…

Le pire, c’est que l’Evian, qui se veut comme une eau minérale saine et pleine de bonnes choses, a eu dans l’effectif de son club éponyme un certain… Sidney Govou, le roi des neknominations ! Imaginez donc, le mec qui se fait appeler Whisky-Coca jusqu’en Corée du Nord qui viendrait mettre les pieds là-dedans, on se dit instinctivement que ça sent l’entourloupe, qu’on ne peut pas y croire… Il y a forcément une opération de com’ ou le développement d’un buzz marketing derrière tout ça. Que nenni ! Le type, il était allé se faire voir chez les grecs en signant pour le péné… pour le Pana pardon (le Panathinaïkos, club de Athènes, la capitale hellène) et, trop mauvais et trop bourré, il est reparti la queue entre les jambes chercher un boulot saisonnier à la montagne pour tenter de se refaire la cerise. Il pensait pouvoir se reconvertir comme barman à Mégève ou Avoriaz et bien rien de tout ça n’est arrivé : il a fini par redevenir footeux à l’Evian Thonon Gaillard. Comme quoi…

Finalement, vous savez ce qu’il manque réellement à ce club ? Le fait de fusionner encore avec moult équipes du coin, histoire d’avoir un acronyme qui permettrait de jouer au Scrabble ou de participer à l’émission Des Chiffres et des Lettres. A défaut d’être populaire dans le cœur des suiveurs de la L1, autant l’être dans ceux des innombrables pensionnaires de maisons de retraite…

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Pitxitxi

Amoureux de Cristiano Lucarelli et de Fernando Llorente, j'aime le football qui raconte une histoire et donc les clubs improbables. En mot compte triple, tu peux défoncer tout le monde au Scrabble grâce à mon nom.