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Fékir, le nouveau nouveau-Zidane ?

Depuis le dernier succès retentissant de l’OL sur la pelouse de Montpellier (1-5) et le nouveau doublé de Nabil Fekir, la hype autour du jeune joueur franco-algérien ne dégonfle plus. Il est en train de devenir le nouveau nouveau-Zidane et tout le monde lui promet un avenir radieux. Mais, attention, comme Internet, la bulle peut aussi éclater très rapidement.

Si les e étaient des a, Nabil Fekir pourrait bouffer des sabres et marcher sur des clous. Mais ce n’est pas le cas. Malheureusement. Du coup, Fekir joue au foot. Plutôt bien d’ailleurs.

Si bien qu’il s’est récemment retrouvé au cœur d’une histoire digne des meilleurs épisodes de la grande époque d’Hélène et les Garçons ; Courtisé, d’un côté, par la frivole, dynamique mais peu expérimentée Algérie, et, de l’autre, par l’arrogante et distante France, sûre de ses atouts.

Il aurait pu opter pour le pays de ses ancêtres qui lui ouvrait grand ses bras et lui promettait une dévotion sans limites. Mais, non. Fekir aime les défis. Alors, il a choisi le pays où il est né : la France.

Mais l’équipe de France voudra-t-elle de lui ? Saura-t-il conquérir le cœur de celle qui sait si vite s’enflammer, au point, souvent, de brûler ses idoles avant même qu’elles n’aient eu le temps de vraiment en acquérir le statut ?

En gros, la question est : Nabil Fekir est-il le nouveau nouveau-Zidane que la France n’attend pas ou est-il promis à un avenir plus brillant que tous les autres prétendants tricolores à la succession du meilleur joueur de tous les temps ?

Il marque et fait marquer

Une chose est sûre : 2014/2015 est la saison de sa révélation.

Avant, il n’avait participé qu’à 11 rencontres de Ligue 1 (toutes en 2013/2014), dont 6 comme titulaires, au cours desquelles, il n’avait marqué qu’un seul but. A 20 ans, à peine, Nabil Fekir faisait déjà figure de jeune espoir prometteur. Mais il n’était encore qu’un simple remplaçant.

Les choses s’accélèrent pour lui avec l’arrivée d’Hubert Fournier sur le banc de l’Olympique Lyonnais. Mais pas que, Nabil profite aussi des blessures répétées de Grenier, babtou fragile et digne successeur de Gourcuff. Dès la première journée de championnat, Nabil Fekir est titulaire. Depuis, il n’a plus quitté le 11 de départ de l’OL. Sur les 25 journées de championnat disputées au moment de la rédaction de cette article, il en a jouées 24. Il n’a manqué que la 14e, face au SC Bastia.

En 1 899 minutes passés sur les stades de Ligue 1 cette saison, Nabil Fekir a marqué 11 fois, soit un but toutes les 173 minutes. Il est relativement efficace car, il a tenté sa chance 62 fois, dont 30 frappes cadrées.

Près des 3 quarts (73 %) de ses pions ont été inscrits du pied gauche. Le reste ont été mis du droit (27 %). Rien de la tête. Il faut noter, par ailleurs, que Nabil aime le corps à corps puisqu’il les a tous plantés dans la surface.

Il a également délivré 7 passes décisives, soit une toutes les 271 minutes de jeu.

Et, si l’OL est encore en tête du championnat à ce stade, Nabil Fekir y est pour beaucoup puisqu’il est tout de même l’auteur de 20 % des buts et de 17 % des passes décisives de l’équipe cette saison.

Fekir, mitraillette à gauche, revolver à droite
Fekir, mitraillette à gauche, revolver à droite

 

De la discrétion à la déplorable com’

Des statistiques en apparence impressionnantes qu’il faut cependant nuancer.

Les 50 nuances de Fekir :

A part Monaco (4e), Fekir n’a pas marqué contre les très gros de Ligue 1. Il en a mis 3 à Montpellier, 2 à Lorient, 2 à Guingamp et 1 à Monaco, Bordeaux, Nantes et Toulouse.

En moyenne, à la 25e journée de la saison, Fekir a marqué ses buts contre le 11e du championnat.

La tendance est sensiblement identique pour ses passes décisives. Il en a délivré contre 6 clubs : Lille (2), Reims (1), Caen (1), Bordeaux (1), Toulouse (1) et PSG (1). Ce qui correspond au 10e de Ligue 1, en moyenne. Bon ok Lille c’est presque un gros club et ça n’empêche pas Fekir de réaliser des bons matchs contre les autres.

S’il est globalement décisif pour sa première saison complète parmi l’élite, Nabil Fekir doit encore progresser dans les grands rendez-vous pour confirmer son potentiel. Il en aura peut-être l’occasion d’ici la fin de la saison. Dans la course au titre, l’OL a encore quelques gros rendez-vous : l’OM (28e journée), Saint-Étienne (33e journée). Et pourquoi pas confirmer en Ligue des Champions, enfin si l’OL est qualifié la saison prochaine. Inchaallah comme ont dit chez lui ou chez nous.

Si Nabil Fekir parvient à faire gagner Lyon lors de ces matchs il pourrait mener son club vers les sommets.

Et les Bleus alors ? Si il s’y montre motivé et décisif rapidement, pourquoi pas s’assurer une place au chaud pour l’Euro 2016. Surtout qu’avec son profil d’attaquant technique hybride, ni 9, ni 9 et demi, ni vraiment 10 d’ailleurs, ni français ni algérien, imprévisible le bougre pourrait être très utile à la sélection. Reste désormais à confirmer ses bonnes performances sous le maillot Bleu.

Il y a également la communication à peaufiner. A ce sujet, Fekir doit faire preuve d’un peu plus de retenue dans ses déclarations médiatiques. Car, comme le relève si bien le Comité de vigilance médiatique d’HorsJeu.net, il l’a un peu trop ouvert pour se glorifier. Et, pour Deschamps, il l’ouvre un peu trop, tout court : le sélectionneur de l’Équipe de France n’aurait visiblement pas trop apprécié que Fekir dévoile la teneur de leurs entretiens téléphoniques dans la presse ces derniers jours. On le sait en EDF, on ne rigole pas avec la discipline, de la Fédération au staff du sélectionneur, tout le monde s’en mêle. Et des types comme Ben Arfa (coup de téléphone dans les vestiaires) et Nasri (grande gueule) en ont fait les frais auparavant. Bien sur nous en sommes pas là, Fekir est un garçon intelligent et il a davantage commis une maladresse de com’ plutôt qu’une faute volontaire.

Nabil, si ça part en couille plus tard avec le sélectionneur, supprime le compte twitter de ta biatche.

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Peyo Couronnes

Footballeur amateur, amateur de foot mais surtout admirateur d'Anthony Bancarel. Je porte un maillot de Cantona, des baskets clignotantes LA Gear et un survet' Sergio Tacchini. Joueur de devoir, infatigable râtisseur, je laisse parfois traîner le pied. Pour vos œufs et autres pizzas, adressez-vous à mon avocat.