ChroniquesLigue 1

La belle endormie

Cette semaine, la Rédaction a décidé de faire parler le verbe. Pierre, habituellement vulgaire et éternel enfoiré, a mis son insolence de coté. Plongez dans ces quelques lignes enivrantes, témoins direct d’une joyeuse mélancolie.

La Belle Endormie, un texte de Peyo Couronnes

Dimanche 29 novembre 2015 – Bar-Tabac-PMU du centre-ville

Il y a encore quelques semaines, elle veillait à garder un semblant de dignité chez elle… Pour sauver les apparences. Préserver les siens.

Pour ses soirées d’impudeur, elle prenait le vent. La Bretagne, la Cote d’Azur, la Corse… Autant de destinations où, soumise, elle s’offrait aux musculatures exotiques.

Elle s’abandonnait mais sans s’humilier. Une frontière en pointillés sur laquelle elle se tenait en équilibre sans jamais basculer.

Chaque dimanche soir, je le retrouvais. Elle venait se blottir, endolorie, contre mes flancs fidèles. Lucide, je savais. Mais je ne lui posais pas de questions.

Jusqu’à présent, elle fautait en terre inconnue. Bien sûr, je l’avais vue s’écarter de la vertu, chez nous, à quelques reprises. Mais, jamais, elle ne m’avait offensé. Pourtant, hier soir, c’est ce qu’elle a fait.

Sans aucune retenue, elle a laissé le Normand l’envahir. Malgré mon effroi, elle l’a tiré vers elle, face à moi. Jambes écartées, elle l’a laissé s’emparer d’elle.

Je l’aimais. Sans condition. Voila pourquoi je refusais de voir la vérité. Désormais je dois m’y faire. Je ne peux plus l’ignorer.

Ma belle endormie n’est rien d’autre qu’une grosse salope.

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Peyo Couronnes

Footballeur amateur, amateur de foot mais surtout admirateur d'Anthony Bancarel. Je porte un maillot de Cantona, des baskets clignotantes LA Gear et un survet' Sergio Tacchini. Joueur de devoir, infatigable râtisseur, je laisse parfois traîner le pied. Pour vos œufs et autres pizzas, adressez-vous à mon avocat.